l’IA agentique remet en cause les modèles économiques historiques du secteur des services IT 

Nos clients s'expriment tous les jours dans la Presse. Régulièrement, nous synthétisons pour vous leurs prises de parole les plus importantes. Dans cette édition, Remake AM, Galilee AM, et Optigestion.

  • Remake confirme sa traction
  • Vusion : l’après-Walmart comme test de crédibilité
  • La chute en Bourse des actions des acteurs historiques du logiciel et des services IT n’est pas un simple accident de marché

Remake confirme sa traction

Remake a publié de nouveaux jalons sur sa SCPI Remake Live, qui a franchi une quatrième année consécutive avec un taux de distribution supérieur à 7%. Pour les cofondateurs, David Seksig et Nicolas Kert, le message reste le même : la priorité est la sécurité du flux plutôt que la chasse au rendement immédiat. Remake Live affiche des fondamentaux solides, avec une durée résiduelle moyenne des baux proche de 10 ans et un taux d’occupation financier et physique proche de 99%. La société explique avoir étudié près de 16 milliards d’euros d’opportunités dans 18 pays avant de retenir ses investissements.

Remake annonce aussi un relèvement de son objectif de performance à long terme : le TRI cible sur 10 ans passe de 6 à 7%. Cette révision reflète la confiance du groupe dans son portefeuille, dont le poids britannique a encore été renforcé, avec l’idée qu’une revalorisation pourrait se matérialiser à mesure que les taux se détendent.

En parallèle, Remake UK 2025, la SCPI à capital fixe dédiée à l’immobilier d’entreprise britannique, poursuit sa montée en charge. La première tranche a été dépassée, la collecte progresse par paliers et l’objectif reste plafonné autour de 100 millions d’euros. Avec cette nouvelle brique, Remake confirme sa stratégie : allier SCPI ouverte et fonds thématique fermé pour capter des opportunités de marché bien identifiées.


Vusion : l’après-Walmart comme test de crédibilité

Vusion aborde un tournant décisif. Après une forte hausse portée par le contrat Walmart, le marché s’interroge désormais sur la capacité du groupe à maintenir sa trajectoire de croissance une fois ce relais terminé.

Pour Damien Ledda, directeur de la gestion chez Galilée AM, l’échéance Walmart ne doit pas être lue comme une rupture brutale, mais comme une étape de normalisation. Il reconnaît qu’il faudra de nouveaux contrats pour atteindre les objectifs de chiffre d’affaires, mais estime que la fin du déploiement historique chez Walmart n’a rien d’une fatalité.

Selon lui, Walmart reste une vitrine stratégique. Le géant américain devrait continuer à confier de nouvelles missions à Vusion, notamment autour de Captana et de l’IA, ce qui renforce la crédibilité du groupe auprès d’autres distributeurs.

Damien Ledda souligne que le basculement progressif vers des revenus récurrents, portés par le cloud, le retail media et les services à plus forte valeur ajoutée. Cette évolution permettrait de réduire la dépendance aux ventes d’équipements et d’améliorer les marges.

La chute en Bourse des actions des acteurs historiques du logiciel et des services IT n’est pas un simple accident de marché

Alors que les titres de Dassault Systèmes et Capgemini subissent de fortes corrections en Bourse, la question se pose : la valorisation boursière des éditeurs de logiciels et prestataires de services IT est-elle encore justifiée à l’ère de l’intelligence artificielle ? Pour Guillaume Law-Yee, analyste financier chez Optigestion, la réponse est claire : ces baisses reflètent un changement structurel provoqué par l’IA agentique, qui remet en cause les modèles économiques historiques du secteur. 

« Leur modèle économique repose encore largement sur la vente de licences par utilisateur, de services humains ou d’outils nécessitant une interaction humaine constante », explique Guillaume Law-Yee.  Or, l’IA permet désormais à un seul employé, assisté d’agents autonomes, d’effectuer le travail de plusieurs personnes, réduisant mécaniquement le nombre de licences nécessaires et le volume de services facturables. 

Dassault Systèmes fait face à une menace différente mais tout aussi structurelle. Sa valeur « reposait sur la complexité et le coût extrêmement élevé de ses logiciels de simulation et de jumeaux numériques », rappelle Guillaume Law-Yee.  Mais l’émergence des « world models », combinée aux modèles open source, réduit drastiquement les barrières technologiques qui protégeaient son activité. 

La simulation devient progressivement une capacité intégrée aux plateformes IA, et non plus un produit logiciel propriétaire rare.  Cela « transforme leur offre en commodité et limite leur capacité à maintenir des multiples de valorisation élevés en Bourse », avertit l’analyste. 

Le point commun entre ces entreprises est qu’elles opèrent dans une couche intermédiaire de la chaîne de valeur, aujourd’hui compressée.  La valeur « se déplace vers les fournisseurs de modèles, les hyperscalers et les plateformes d’orchestration IA », souligne Guillaume Law-Yee.  Dans ce contexte, leur croissance future devient incertaine, leurs marges sont sous pression et leurs multiples de valorisation sont structurellement orientés à la baisse.