Titre : Les marchés débutent 2024 du bon pied

(Chapô) Nos clients s’expriment tous les jours dans la Presse. Chaque mois, nous synthétisons pour vous leurs prises de parole les plus importantes.
Dans cette édition, Optigestion, Riches-Flores Research, Ossiam, Galilee AM, La Financière d’Orion et Remake AM.

  • Les Bourses signent de nouveaux records

  • Bilans et perspectives des gérants

  • Galilee Am s’allie avec BlackRock

  • Remake Live fait ses emplettes

Après une fin d’année 2023 tonitruante, les marchés boursiers ont vécu une première semaine 2024 difficile, marquée par des prises de bénéfices une remontée des taux et un regain de tensions au Moyen-Orient, observe Véronique Riches-Flores, économiste indépendante présidente de RichesFlores Research. Les actifs à risque ont cependant repris ensuite leur marche vers l’avant, alors que les investisseurs anticipent une première baisse des taux de la Réserve fédérale (Fed) et de la Banque centrale européenne (BCE) au cours des prochains mois, souligne l’économiste. Ainsi, Wall Street et les principales bourses européennes ont enregistré à la fin du mois de janvier de nouveaux records de clôture, soutenues par la bonne santé de l’économie américaine. Dans le même temps, l’inflation a nettement décéléré pour retrouver l’objectif de la banque centrale de 2% en raison notamment de la désinflation importée chinoise, précise Véronique Riches-Flores. Fort de ce constat, la banque centrale a laissé ses taux inchangés, lors de sa réunion du 31 janvier, mais concédé qu’un assouplissement monétaire était probable dans le courant de l’année alors que le marché de l’emploi américain a montré des signes de faiblesse au mois de décembre, note Véronique Riches-Flores. Plus tôt dans le mois, la BCE a, elle aussi, comme attendu par l’économiste, laissé ses taux inchangés mais conforté la prévision du marché d’une baisse des taux en juin au plus tard. À Paris, l’indice CAC 40 a profité des résultats solides et les perspectives encourageantes dévoilés par le numéro un mondial du luxe, LVMH qui continue de profiter de la capacité et de la force de ses marques, souligne Damien Ledda, directeur de la gestion de Galilee Asset Management. En Asie, les actions chinoises ont poursuivi leur baisse, toujours plombées par la déflation liée à la crise immobilière, constate Véronique Riches-Flores. Cette dernière continue d’afficher sa prudence vis-à-vis de la deuxième économie du monde qui souffre également du déclin démographique.

Bilans et perspectives des gérants

Du côté de l’industrie de la gestion d’actifs, c’est l’heure des premiers bilans pour l’année qui vient de s’écouler et de la présentation des stratégies pour 2024. Optigestion revendique ainsi une performance annuelle 30% pour son fonds de conviction Optigest Monde grâce notamment à l’envolée de l’intelligence artificielle (IA). De son côté, Galilee AM a dévoilé une performance d’un peu plus de 17% pour son fonds Galilée Innovation Europe, un fonds d’actions européennes dédié à des sociétés innovantes. Ossiam a pour sa part enregistré une collecte nette de 1,1 milliard d’euros l’an dernier. Les encours de l’affilié de Natixis IM spécialisé notamment dans la gestion quantitative et les ETF ont pour leur part crû de 25,6%, à 9,8 milliards d’euros.

Pour l’année en cours, Galilee AM a présenté certains des thèmes que le gérant juge les plus porteurs. Roni Michaly, président-directeur général du groupe a exhorté les investisseurs à prendre part à la transition écologique, soulignant que la gestion active constituait la pierre angulaire de l’investissement responsable. L’expert a également mis en avant le potentiel de la thématique de l’économie du sport, qui devrait croître deux fois plus vite que la croissance mondiale. La société de gestion s’est également intéressée aux secteurs qui profiteraient d’une victoire Donald Trump à l’élection présidentielle américaine. Selon Antoine Robbe, analyste et assistant gérant chez Galilee AM, la revanche de l’ancien président américain bénéficierait aux secteurs de l’énergie, de la défense et de la finance du futur.

Galilee AM s’allie avec BlackRock

En termes de produits, Rony Michaly a annoncé que sa société Galilee AM avait lancé des mandats 100% ETF en assurance-vie et en compte titres. Ces mandats reposent sur des allocations d’actifs élaborées par BlackRock, au Luxembourg, en France et en Suisse, a précisé le PDG.  Galilee AM sera chargée de la construction des portefeuilles, qui s’appuie sur son expertise de sélection de fonds et sa connaissance fine des besoins des CGP et des family offices. Dans le détail, les CGP pourront être commissionnés sur les frais de mandat, a précisé Rony Michaly.

Benjamin Magny, associé, directeur du développement et membre du comité exécutif de La Financière d’Orion a souligné que la remontée des taux d’intérêt permettait, à nouveau, de construire des formules à capital 100% protégé et de rendement. Timothée Levesque, chargé des investissements à La Financière Orion a mis en lumière le fonds Pictet Global Megatrend Sélection P EUR, qui propose une diversification accrue au sein des portefeuilles.

Remake Live fait ses emplettes

Du côté de l’investissement immobilier, les SCPI dernières générations, comme Remake Live de Remake AM, continuent de susciter l’intérêt en raison de leur capaciter à maintenir ou revaloriser leurs parts dans un environnement difficile. La société de gestion s’attend à un rendement de 7,5% en 2024, soit l’un des meilleurs du marché, comme en 2023. Pour 2023, la SCPI Remake Live a annoncé un taux de distribution de 7,79% et une collecte de 270 millions d’euros, soit plus du double qu’en 2022. Cette capacité à collecter a permis à la jeune SCPI d’acquérir en janvier le campus Massy pour 66,5 millions d’euros. Fin décembre, Remake Live avait signé son premier investissement à Londres pour 42,8 millions d’euros.

Les marchés voient la vie en rose

Nos clients s’expriment tous les jours dans la Presse. Régulièrement, nous synthétisons pour vous leurs prises de parole les plus importantes. Dans cette édition, Optigestion, RichesFlores Research, Lynceus Partners, Ossiam, Galilee AM, La Financière d’Orion et Remake AM.

L’optimisme des marchés ne faiblit pas

Les actifs à risque ont poursuivi leur progression en décembre, les investisseurs continuant d’espérer une baisse prochaine des taux des grandes banques centrales, commente Jacques de Panisse, gérant
chez Optigestion.
Alors que les marchés voient la vie en rose, observe l’économiste Véronique Riches-Flores, le CAC 40, le DAX allemand, le Dow Jones ou encore le Nasdaq 100 à forte coloration technologique ont signé le mois dernier de nouveaux records. Les marchés ont rebondi après une année 2022 marquée par les craintes suscitées par l’inflation et la vive remontée des taux d’intérêt
des banques centrales. Les investisseurs ont été soulagés par le ralentissement de la hausse des prix et la résistance de l’économie américaine qui n’est pas tombée en récession malgré la politique restrictive de la Réserve fédérale (Fed). Dans ce cadre, les opérateurs parient sur une position plus accommodante des grands argentiers au cours des prochains mois, note Véronique Riches-Flores. En évoquant la perspective de plusieurs baisses des taux en 2024, la Fed a versé les étrennes de Noël avant l’heure, ajoute l’économiste. Par ailleurs, des deux côtés de l’Atlantique, la majorité des grandes entreprises sont parvenues à protéger leurs marges grâce à leur « pricing power » (pouvoir de fixation des prix), souligne Jacques de Panisse. Aux États-Unis, la Bourse a profité à plein de l’exceptionnelle santé des « Sept Magnifiques » : Apple, Microsoft, Alphabet (ex-Google), Amazon,
Nvidia, Meta (ex-Facebook) et Tesla. Concernant la France, Véronique Riches-Flores salue la résistance de l’économie française et plus particulièrement de l’emploi en 2023 grâce au rattrapage post-Covid dans les services. Pour autant, l’inflation et le resserrement monétaire pourraient peser sur la croissance et les embauches cette année, prévient l’économiste. Les marchés émergents ont sous-performé en raison de la baisse, pour la troisième année consécutive, des actions chinoises. Pour 2024, Véronique Riches-Flores ne croit pas à un rattrapage des émergents et notamment des pays d’Asie du sud-est cette année, en raison de la faiblesse de l’économie chinoise et des cours des matières premières.

Les choix des gérants pour 2024

Selon Carmine de Franco, Responsable de la Recherche chez Ossiam, dans des marchés plus volatils en 2024, l’essor de l’IA devrait continuer de soutenir le secteur technologique en 2024. Au sein des matières premières, l’expert souligne également le potentiel de l’uranium, qui pourrait continuer de grimper cette année en raison notamment d’une offre insuffisante après avoir bondi de 70% en 2023.
Chez Galilee AM, anciennement Financière Galilée, le PDG, Roni Michaly a présenté le palmarès 2023 des thématiques d’investissement, classement dominé par le Cloud et l’IoT, la cybersecurité, le gaming et metaverse. Pour 2024, le dirigeant a mis en avant le potentiel boursier de la mobilité du futur. L’expert a également évoqué l’exploration spatiale comme thématique d’investissement prometteuse. Rony Michaly souligne qu’elle est désormais évaluée à 400 milliards de dollars, et pourrait atteindre 2.700 milliards de dollars d’ici 2040. De son côté, Antoine Robbe, analyste-gérant
chez Galilee AM, a révélé ces trois thèmes d’investissement préférés, le cycle de l’eau, l’économie du sport et l’économie numérique. Lynceus Partners recommande aux investisseurs de sécuriser ses lendemains face à l’incertitude en investissant dans des stratégies de couverture à moindre coût grâce à la volatilité à des niveaux historiquement bas et aux tendances haussières du marché. Valeria Korshunova, responsable des
partenariats au sein de la société spécialisée dans les produits structurés conseille également de profiter de la volatilité des cours du pétrole. Clément Millet, également responsable des partenariats chez Lynceus Partners conseille à cet égard de rester exposer à la hausse, mais aussi à la baisse de l’or noir.

Une année 2023 de forte croissance pour La Financière Orion

Du côté de l’industrie de la gestion de patrimoine, Benjamin Magny, associé et directeur du développement de La Financière d’Orion a rappelé que son groupe était devenu en 2023 un acteur conséquent en rachetant plus de 20 cabinets et en développant une plate-forme digitale baptisée Canopia. Pour 2024, Benjamin Magny se dit toujours intéressé par les pépites, même si le rythme d’acquisitions devrait ralentir afin d’intégrer au mieux les CGP acquis l’an dernier.

Remake Live continue de briller

Dans le monde des SCPI, Remake a annoncé que sa SCPI Remake Live pourrait atteindre un rendement de 7,75% net, légèrement supérieur à celui de 2022 (7,64%), soit l’une des meilleures performances du marché. Cette SCPI s’est par ailleurs démarquée cette année par rapport aux SCPI plus anciennes en ne baissant par le coût de ses parts. Pour David Seksig, directeur général de Remake, cette baisse des valeurs des parts n’est pas annonciatrice du déclin du marché des SCPI mais plutôt le signe d’un nouveau cycle favorables aux véhicules récents et agiles. Pour preuve, la SCPI Remake Live figure parmi le top des SCPI 10 qui ont le plus collecté au troisième trimestre 2023. Le succès de Remake Live qui s’explique aussi par l’absence de frais de souscription.

Un vent d’optimisme souffle sur les marchés

Nos clients s’expriment tous les jours dans la Presse. Régulièrement, nous synthétisons pour vous leurs prises de parole les plus importantes. Dans cette édition, Optigestion, Riches-Flores Research, Lynceus Partners, Ossiam, Financière Galilée, La Financière d’Orion et Remake AM.

  • Les marchés parient sur une baisse des taux des banques centrales
  • Valeurs de croissance et gestion thématique à l’honneur
  • La Financière Orion voit plus grand
  • Les jeunes SCPI en pleine santé

Les actifs à risque ont vécu un excellent mois de novembre, sur fond de repli des taux d’intérêt dans l’attentes d’un éventuel assouplissement des politiques monétaires de la Réserve fédérale (Fed) et la Banque centrale européenne (BCE) l’année prochaine. Après un mois d’octobre difficile, Wall Street a signé sa plus forte progression mensuelle depuis plus d’un an, soutenu par la publication d’indicateurs témoignant du ralentissement de l’inflation aux États-Unis alors que la croissance devrait continuer de décélérer au quatrième trimestre. Cette conjoncture ne devrait pas inciter la Fed à revoir sa stratégie à court terme, estime l’économiste Véronique Riches-Flores. Cependant, l’experte s’attend à une action plus importante que prévu de la Fed dans le courant de l’année prochaine si les signaux négatifs sur l’économie américaine venaient à se multiplier. En Europe également, les indices actions se sont nettement appréciés. Le ralentissement de l’activité du Vieux Continent et notamment de l’Allemagne, est acté depuis plusieurs trimestres tandis que l’inflation est tombée en novembre à son plus bas niveau depuis juillet 2021, alimentant l’espoir d’une baisse des taux de BCE courant 2024, souligne Véronique Riches-Flores. Dans ce contexte, Patrick Chotard, président et fondateur de Lynceus Partners, salue la bonne performance des entreprises, soutenant l’idée d’un « soft landing » pour l’économie mondiale. Cet atterrissage en douceur ne profitera pas à l’Argentine dont la politique d’austérité du nouveau président Javier Milie, risque d’aggraver la chute, prévient Véronique Riches-Flores.

Premier bilan et perspectives

À la Bourse de Paris, Orange a tiré son épingle du jeu avec une hausse de 15% depuis le début de l’année grâce notamment à des résultats conformes à ses prévisions et des objectifs 2023 confirmés, commente Aurélien Lux, analyste et assistant gérant chez Galilee AM.

En termes de perspectives pour l’année qui se profile, Jacques de Panisse, gérant chez Optigestion, anticipe un retour au premier plan des sociétés de croissance favorisé par la baisse attendue des taux longs.

De son côté, Roni Michaly, PDG de Galilee AM, a rappelé les opportunités offertes par la gestion thématique, pourvu qu’une stricte sélection des fonds soit observée. Dans le détail, le dirigeant a mis en avant le potentiel de la thématique Gaming & Metaverse, qu’il analyse avec le prisme de l’intelligence artificielle. De son côté, Aurélien Lux a mis en avant le potentiel du bien-être animal tandis que Damien Ledda, directeur de la gestion chez Galilee AM a alerté sur le risque que fait peser une guerre des prix sur les voitures électriques sur la  thèmatique des mobilités du futur. Pour sa part, Carmine De Franco, directeur de la recherche Ossiam, s’est penché sur les valeurs à privilégier pour investir dans la forêt en Bourse. Concernant, le thème de l’intelligence artificielle, l’expert s’est montré prudent, estimant que son adoption sera lente et qu’il il faudra tenir compte de l’impact de la réglementation sur son développement. Des thèmes que la société de gestion a développé lors de l’évènement Citywire qui s’est tenu les 23 et 24 novembre dernier à Strasbourg.

Cap sur les 5 milliards d’euros

Toujours dans l’univers de la gestion d’actifs, Stanislas de Saint Blanquat, responsable Relations Investisseurs chez La Financière d’Orion, a présenté les atouts du fonds Eleva Absolute Return Europe tandis que Timothée Levesque, chargé des investissements au sein du groupe, a mis en avant le fonds FF China Consumer Fund de Fidelity. Le directeur du développement de La Financière d’Orion, Benjamin Magny a par ailleurs expliqué l’intérêt de l’épargnant à investir ses liquidités dans un environnement inflationniste. Le professionnel a par ailleurs dévoilé sa feuille de route pour les années à venir avec comme ambition de faire passer les encours du Groupe Orion de 3 milliards à 5 milliards d’euros d’ici fin 2025.

Les jeunes SCPI ne connaissent pas la crise

Dans l’investissement immobilier, après plusieurs années de croissance fulgurante, le marché des SCPI marque le pas. Confrontées à l’envolée des taux, de plus en plus de SCPI sont contraintes de baisser les prix de leurs parts dans un marché illiquide, observe David Seksig, co-fondateur et directeur général de Remake AM. À cet égard, il expliqué le mécanisme de valorisation des SCPI. Ce coup de froid ne concerne cependant que les plus grosses et anciennes SCPI. Les sociétés les plus récentes, qui ont investi dans un contexte de hausse des taux avec des prix d’acquisitions plus bas, devraient continuer de performer, à l’image de Remake Live. La SCPI vise désormais un taux de distribution rehaussé entre 7,25% et 7,75% en 2023 grâce notamment à des acquisitions ciblées dont une d’envergure à Édimbourg, en Ecosse (performances non garanties).

Octobre noir sur les marchés

Nos clients s’expriment tous les jours dans la Presse. Chaque mois, nous synthétisons leurs principales prises de parole.
Dans cette édition, Optigestion, Riches-Flores Research, Lynceus Partners, Ossiam, Galilee AM, La Financière d’Orion et Remake.

  • Les marchés secoués par le risque géopolitique et la hausse des taux
  • Les gérants livrent leurs conseils
  • SCPI : Remake live retourne en France

Les actifs à risque ont connu un mois d’octobre difficile. L’attaque terroriste du Hamas contre Israël le 7 octobre a suscité de vives inquiétudes quant au risque géopolitique, et les investisseurs sont restés prudents face aux craintes d’une escalade plus importante. En parallèle, observe Véronique Riches-Flores, le mois a été marqué par une nouvelle série de données économiques américaines plus robustes que prévu, qui a soutenu la remontée des rendements obligataires et renforcé la crainte de l’impact sur l’économie mondiale de taux d’intérêt plus élevés. Selon Jacques de Panisse, président du directoire, gérant et associé d’Optigestion, les marchés ont pris conscience que les banques centrales vont maintenir leur taux d’intérêt au niveau actuel plus longtemps que prévu. A cet égard, souligne Véronique Riches-Flores, la Banque centrale européenne (BCE) a rejoint la Réserve fédérale (Fed) et la Banque d’Angleterre (BOE) dans l’idée que le maintien des taux aux niveaux actuels pendant suffisamment longtemps permettra de ramener l’inflation à son objectif de 2%. Concernant la Fed, l’économiste indépendante n’exclut pas cependant une nouvelle hausse des taux en cas de ralentissement trop lent de l’inflation. La volatilité des marchés a également été entretenue par des résultats d’entreprises en demi-teinte, ajoute Damien Ledda, directeur de la gestion de Galilée AM. Les comptes et les perspectives des grands groupes technologiques américains ont été mitigés, tandis qu’en Europe, les poids lourds du luxe ont été sanctionnés. Finalement, les indices actions ont accusé leur troisième mois consécutif de baisse pour la première fois depuis la pandémie et le marché obligataire américain a perdu du terrain pour le sixième mois consécutif.

Jouer les « gagnants d’influence » et les mégatendances

Alors que Moody’s et Fitch ont conservé fin octobre leurs notes de la France, Véronique Riches-Flores a cependant rappelé que la conjoncture dans l’Hexagone suscitait une inquiétude croissante en raison notamment d’une situation budgétaire de plus en plus fragile. Dans l’attente d’une meilleure visibilité sur la conjoncture, l’économiste recommande d’être prudent sur les actions et la dette publique et de privilégier l’or et les liquidités.

De son côté, Sofiya Matrosova, responsable des partenariats chez Lynceus Partners, attire l’attention sur deux pays, le Brésil et le Japon, qui sont devenus des « gagnants d’influence » avec la multiplication des tensions et des zones de conflit. L’experte a sélectionné dans chacun des pays une valeur phare : Petrobas au Brésil et Mitsubishi au Japon. Patrick Chotard, fondateur et CEO de Lynceus Partners et Benjamin Magny, associé et directeur du développement de la Financière d’Orion ont, eux, rappelé les avantages des produits structurés dans un environnement de taux élevés. Soucieux de renforcer encore son service d’analyste, Lynceus Partners a annoncé sa collaboration avec Les Cahiers Verts de l’Économie (LCV Research), cabinet indépendant de recherche macroéconomique et de stratégie d’investissement en France. Timothée Levesque, à la Financière Orion, a, pour sa part, remis en lumière le fonds DNCA Eurose, très connu des conseillers en gestion de patrimoine et qui bénéficie depuis quelques mois du repositionnement de la stratégie initié en 2021.

Frédéric Bach, responsable ESG et ISR chez Ossiam, a plaidé pour placer la biodiversité au cœur des portefeuilles des gérants afin de limiter les émissions de gaz à effet de serre du secteur agroalimentaire.

Du côté des mégatendances, les experts de Galilee AM ont mis sur le devant de la scène plusieurs thématiques porteuses. Damien Ledda, directeur de la gestion, mais aussi Roni Michaly, PDG, et Aurélien Lux, analyste-gérant, ont souligné « les perspectives économiques colossales » de la thématique des mobilités du futur. Damien Ledda est également revenu sur deux autres thématique qu’il apprécie : le cycle de l’eau et l’économie du sport. Cette thématique du sport affiche une croissance annuelle de 7%, a précisé Antoine Robbe, analyste chez Galilee AM. Roni Michaly a rappelé les perspectives de rendement du fonds JP Morgan Climate Change Solutions, qui s’appuie lui aussi sur une mégatendance : le changement climatique. Enfin, le dirigeant a salué le potentiel encore important de la thématique Finance du Futur… Sans oublier d’évoquer les perspectives florissantes de son propre groupe qui vient de franchir le cap des 350 millions d’euros d’encours.

Remake Live revient en France

Dans l’univers de l’immobilier d’investissement, la jeune société de gestion Remake AM continue de faire parler d’elle très favorablement. Sa SCPI Remake Live a acquis son 27ième actif, signant son retour dans l’Hexagone. Le groupe a acheté l’immeuble « Campus Massy », au 102, avenue de Paris dans le secteur Massy Atlantis, dans l’Essonne. Il s’agit de l’un des immeubles occupés par Safran, a souligné Remake AM. Fort de son succès, Remake Live a relevé à son objectif de distribution annuel à la hausse. Pour autant, le cofondateur de la société, Nicolas Kert, a rappelé que cette classe d’actifs, à la liquidité imparfaite, restait sensible à l’environnement macrofinancier avant de préciser que fort de son jeune âge, Remake Live est moins exposée au risque de baisse des valeurs d’expertise que des SCPI plus vieilles.

COM’Value annonce une alliance stratégique avec Eliott & Markus


À l’occasion de son cinquième anniversaire, COM’Value annonce une collaboration stratégique avec Eliott & Markus, agence pionnière dédiée aux cabinets de services professionnels. Ensemble, les deux agences lancent une offre de communication globale et intégrée pour les professionnels de la finance et de l’investissement.

Notre conviction partagée : la complexité croissante des secteurs de la finance, du droit et du conseil nécessite un accompagnement par des experts en communication et marketing capables de saisir en profondeur les enjeux, les spécificités et les contraintes de l’ensemble de ces métiers.

Cette offre enrichie répond aux besoins grandissants des professionnels de la finance et de l’investissement et intègre à la fois les aspects de marque et d’influence, tout en proposant des stratégies de communication 360° et multicanales. Trois piliers sous-tendent cette collaboration : la collaboration agile entre deux structures reconnues des marchés financiers et juridiques, l’excellence opérationnelle et la pertinence sectorielle.

Une rentrée sous tension sur les marchés

Nos clients s’expriment tous les jours dans la Presse. Régulièrement, nous synthétisons pour vous leurs prises de parole les plus importantes.
Dans cette édition, Riches-Flores Research, Lynceus Partners, Financière Galilée et Remake AM.

  • Dividendes et gestion thématique à l’honneur
  • Les SCPI indépendantes tirent leur épingle du jeu

Les marchés d’actions ont vécu un piètre mois de septembre, pénalisés par la nette remontée des taux et les craintes persistantes sur l’évolution de l’économie mondiale. Le mois avait pourtant bien débuté avec l’annonce d’une décélération du marché de l’emploi aux Etats-Unis au mois d’août, laissant augurer d’une pause des taux d’intérêt. « Les chiffres de l’emploi offrent l’occasion d’une pause de la Réserve Fédérale (Fed)  en septembre, la suite, on verra », commente, prudente, l’économiste Véronique Riches-Flores. Mi-septembre, la publication d’une inflation américaine légèrement supérieure aux attentes en août n’a pas fait dévier la prévision de l’économiste. « Ce rapport des prix à la consommation du mois d’août ne devrait pas entraver l’apparente volonté de la Fed de marquer une pause » dans ses hausses de taux en septembre, juge Véronique Riches-Flores. Pour autant, prévient l’économiste, la banque centrale devrait préparer « les investisseurs au maintien de conditions monétaires restrictives durablement ». Effectivement, quelques jours plus tard, la Fed a bien laissé inchangé ses taux mais aussi laissé entendre qu’ils pourraient rester élevés un certain temps.

Ce message de fermeté a également été partagé par la Banque Centrale Européenne (BCE) qui a prévenu qu’un qu’assouplissement monétaire n’était pas prévu à court terme malgré la poursuite de la désinflation. « La Fed et la BCE ont fait le gros du travail sur l’inflation, mais l’incertitude reste élevée dans les prochains mois », souligne Véronique Riches-Flores, qui redoute que le rendement de la dette américaine à 10 ans, au plus haut depuis 2007, poursuive sa montée.

Dans le même temps observe l’économiste, Pékin ne parvient pas à relancer sa demande intérieure malgré ses mesures de relance, ce qui affecte le reste de l’économie mondiale. La Chine continue par ailleurs d’être menacée par le risque de faillite du promoteur Evergrande, ce qui constituerait un évènement « potentiellement dramatique » pour l’économie mondiale via le canal du crédit, précise l’économiste.  

Dernier sujet d’inquiétude pour Véronique Riches-Flores,  l’assouplissement monétaire menée par plusieurs banques centrales des pays émergents pourrait être stoppée par la hausse des matières premières. Finalement, Wall Street a bouclé son plus mauvais mois depuis décembre 2022, tandis que le CAC 40 est descendu sous les 7 050 points pour la première fois depuis la crise bancaire de mars dernier.

Dividendes et gestion thématique à l’honneur

Dans ce contexte incertain, certains gérants recommandent une allocation d’investissement défensive. « Nous privilégions les actions à dividendes élevés, que les investisseurs apprécient souvent pendant les phases d’incertitude », confirme Hugo Delecour, responsable des partenariats chez Lynceus Partners, en ajoutant qu’entre 1993 et 2021, les dividendes représentaient 40 % de la performance cumulée du S&P 500 sur la période. De son côté, Galilée Asset Management continue de miser sur les fonds thématiques, et notamment ceux sur le cloud et les objets connectés, qui surperforment nettement depuis le début de l’année. Roni Michaly, PDG de Galilée AM, souligne par ailleurs le potentiel du thème des énergies propres, qui remplit les quatre critères à privilégier en Bourse : il est structurel, international, transversal et sous-valorisé. Autre thème recommandé par l’expert : les secteurs aérien et hôtelier qui devraient continuer de profiter de la croissance du tourisme international au cours des années à venir. Au chapitre des valeurs, la société de gestion apprécie Orange, « une société ayant encore un potentiel de reprise important à la Bourse de Paris, dans la mesure où le cours se situe encore à 8 % de son sommet annuel ».

Les SCPI indépendantes tirent leur épingle du jeu

Du côté de la pierre-papier, la collecte des SCPI s’est nettement repliée au deuxième trimestre dans un environnement marqué par la hausse des taux et la baisse de l’immobilier. Pour autant, certaines sociétés de gestion, essentiellement indépendantes, ont tiré leur épingle du jeu, à l’image de Remake Asset Management, qui passe de la 11ième à la 5ième place au classement de la collecte nette sur le premier semestre. Les investisseurs continuent de plébisciter la performance de sa SCPI Remake Live, qui affiche sur les six premiers mois de l’année un taux de distribution de 8 %, bien supérieur à la moyenne de l’industrie (4,33 %). Et alors que certaines SCPI sont contraintes de réduire leur prix de part en raison de la dégradation des conditions de marché, Remake AM est l’une des huit sociétés de gestion à avoir relevé le sien. Soucieux d’accélérer sa croissance, Remake AM a finalisé sa première acquisition au Royaume-Uni pour près de 36 millions d’euros. Le bâtiment dédié au commerce est situé dans le « rectangle d’or d’Edimbourg », un quartier dont le développement est très limité depuis 2011, précise la société.

Un été en pente douce sur les marchés

Nos clients s’expriment tous les jours dans la Presse. Régulièrement, nous synthétisons pour vous leurs prises de parole les plus importantes.
Dans cette édition, Riches-Flores Research, Lynceus Partners, Ossiam, Galilée AM, Financière d’Orion et Remake AM.

  • Les investisseurs prudents face aux politiques des banques centrales
  • Gestion d’actifs : la transition énergétique plébiscitée
  •  SCPI : prime à l’agilité

En août, les actifs à risque ont vécu un mois morose, entre risque de récession, incertitudes sur l’évolution des politiques monétaires des banques centrales et inquiétudes concernant l’économie chinoise. Pour autant, relativise Véronique-Riches-Flores, fondatrice de Véronique Riches-Flores Research, « l’été s’est finalement déroulé sans heurts majeurs, sans crise financière ni exacerbation des frictions internationales ». Après une série de sept mois consécutifs de hausse liée à une performance de l’économie européenne qualifiée de remarquable par Florien Clédière, directeur général Afrique de la société d’investissement spécialisée dans les produits structurés Lynceus Partners, les marchés actions ont marqué le pas. Certes, remarque Véronique Riches-Flores, le chômage en Italie en juin est tombé à son plus bas niveau depuis 2009. Mais, les investisseurs ont été déçus par la nouvelle chute de l’indice des directeurs d’achat (PMI) de la zone euro en août, à son niveau le plus bas depuis novembre 2020, tandis que l’inflation s’est stabilisée à un niveau élevé. « Inflation et hausses de taux semblent commencer à peser davantage sur la demande des ménages et les entreprises rencontrent plus de difficultés à répercuter la hausse de leurs coûts dans leurs prix. Un mauvais mix alors que les tensions renouvelées sur les prix des intrants ne vont pas dans le sens souhaité par les banques centrales », commente Véronique Riches-Flores.

Fort de ce constat, les marchés redoutent l’impact sur la croissance d’un éventuel nouveau tour de la vis de la Banque Centrale Européenne (BCE). Lors du symposium économique de Jackson Hole, fin août, la Présidente de l’institution, Christine Lagarde, a insisté sur la nécessité de ramener l’inflation dans la zone euro à l’objectif de 2 % à moyen terme, laissant ainsi penser qu’une nouvelle hausse des taux pourrait être décidée le 14 septembre. Le Président de la Réserve fédérale (Fed), Jerome Powell, s’est montré plus prudent concernant les hausses des taux. Dans ce cadre, Véronique Riches-Flores observe qu’alors que l’économie américaine semble se rapprocher d’un « soft landing », avec un ralentissement de la croissance et de l’inflation, « le dirigeant n’a cependant pas fermé la porte à un nouveau resserrement monétaire dans les prochains mois en fonction de l’évolution de la conjoncture ».  A ces craintes, se sont ajoutées les inquiétudes suscitées par de ralentissement de l’économie en Chine et la santé de son secteur immobilier alors que le géant de la promotion Country Garden, surendetté, est proche de la faillite, observe Véronique Riches-Flores. Dans ce contexte, la hausse du rendement de l’emprunt du Trésor à 10 ans a été attisée par la dégradation de la note des Etats-Unis de « AAA » à « AA+» par Fitch, souligne l’économiste indépendante.

Coup chaud sans conséquence pour le secteur bancaire

Dans la torpeur estivale, les valeurs bancaires européennes ont subi un bref moment de forte volatilité le 10 août dernier après l’annonce surprise par l’Italie d’un projet de taxation des “surprofits” de ses banques. Le recul initial des actions bancaires s’explique par “la crainte épidermique des investisseurs face à une taxation appliquée de manière arbitraire pour des raisons électorales et populistes”, commente Aurélien Lux, analyste chez Galilée AM. Cependant, ajoute Melchior de Villeneuve, directeur du développement de Lynceus Partners, cette décision du gouvernement italien n’a « tenu que l’espace de quelques jours ». Face au mécontentement des investisseurs, Rome a ramené cette taxe de 25 % à 0,1 %., la rendant donc « indolore » pour les banques qui ont rapidement effacé leurs pertes sur les marchés, souligne l’expert de Lynceus Partners.

Les gérants préparent la rentrée

Pour les sociétés de gestion, le mois d’août a été l’occasion de présenter certains de leurs secteurs et valeurs préférés pour la rentrée. Ainsi, Lynceus Partners a souligné l’attrait du secteur technologique et le potentiel des valeurs Nvidia, AMD et Ubisoft. La société d’investissement a également rappelé les perspectives favorables de la logistique, avec trois actions en particulier : FedEx, XPO Logistics et UPS. Lynceus Partners a par ailleurs salué le mouvement de relocalisation de la fabrication des semi-conducteurs, une aubaine pour cette industrie tant en Europe qu’aux États-Unis. En outre, la société d’investissement a mis avant les perspectives intéressantes des marchés émergents, dont les politiques monétaires divergent des économies occidentales. Lynceus Partners a enfin confirmé son intérêt pour les actions à dividendes élevées, qui « offrent un potentiel de rendement stable et attractif ».

La révolution verte, source d’opportunités

En parallèle, plusieurs gérants sont revenus cet été sur l’essor des thèmes de la transition énergétique et de la révolution verte. Lynceus Partners a insisté sur le potentiel du secteur des métaux de base, essentiels à l’essor des énergies renouvelables. De con côté, Carmine de Franco, directeur de la recherche Ossiam, a rappelé l’importance cruciale de l’immobilier et notamment de la rénovation immobilière dans la lutte contre le changement climatique. A cet égard, l’expert estime que le Suisse Sika figure parmi  les mieux placés pour bénéficier des investissements massifs des États dans la transition énergétique. De leur côté, Roni Michaly, président de Galilee Asset Management, et Aurélien Lux, analyste chez la société de gestion ont mis l’accent sur la thématique smart cities (Villes Intelligentes), clé de voute du développement durable. Rony Michaly enfin, a recommandé de surveiller la filière bois, soutenue par trois mégatendances : la transition énergétique, l’émergence des classes moyennes et les évolutions démographiques.

Le fonds en euros reprend des couleurs

Toujours côté placements, Xavier Bretault, directeur de l’ingénierie gestion privée pour le cabinet de gestion de patrimoine Financière d’Orion, est revenu sur l’impact négatif de la hausse du taux du Livret A sur la collecte de l’assurance vie. Dans ce cadre, le professionnel recommande de profiter des promotions proposées par les assureurs pour collecter. « En 2023, on pourrait se rapprocher d’un rendement de 3 % ou 4 % selon les offres », estime-t-il. Ce dernier a également rappelé que le Private Equity constituait un placement de long terme. « Ce n’est pas un produit pour tout le monde. Les primo-épargnants, qui peuvent avoir besoin de liquidité, ne doivent pas aller sur ces placements-là », a prévenu Xavier Bretault.

Le succès de Remake AM se confirme

Alors que le secteur de l’immobilier suscite des interrogations croissantes à mesure que les grandes sociétés de gestion abaissent la valeur de parts de certaines de leur SCPI, Nicolas Kert, co-fondateur de la société Remake AM, a affiché sa confiance, estimant que cette situation créait des opportunités pour les gérants agiles. Remake Live fait d’ailleurs partie des SCPI à avoir augmenté récemment le prix de ses parts de 2 % (au 1er juin 2023). Pour justifier cette performance dans un environnement perturbée par la forte remontée des taux, les gérants expliquent avoir « décidé dès le second semestre 2022 de sortir du marché français qui, selon nous, ne corrigeait pas suffisamment rapidement ».  Nicolas Kert en revanche souligne la stratégie opportuniste mise en place, notamment en Irlande. « Les SCPI ont des liquidités. Or il y a des opportunités en Irlande. On voit des vendeurs étranglés par le poids de leur dette et qui doivent vendre à tout prix ».  Remake Live se retrouve en position de force sur des marchés désertés par les acquéreurs pour négocier avec les vendeurs des prix largement décotés. Signe de la confiance des investisseurs, le bilan de mi-année de Remake Live montrait une collecte de 175 millions d’euros.

Début d’été : les politiques des banques centrales restent floues

Nos clients s’expriment tous les jours dans la Presse. Régulièrement, nous synthétisons pour vous leurs prises de parole les plus importantes.
Dans cette édition, Optigestion, Riches-Flores Research, Lynceus Partners, Ossiam, Financière Galilée, TYGROW, La Financière d’Orion, Archinvest
, et Remake AM.

  • Les investisseurs inquiets restent prudents.
  • Le Private Equity : un secteur très dynamique.
  •  SCPI : les écarts se creusent.

En juin, les actifs à risque ont poursuivi leur progression, permettant aux actions de signer un premier semestre exceptionnel. L’optimisme des investisseurs a été alimenté par la résistance de l’économie et le ralentissement de l’inflation, deux indicateurs susceptibles de limiter à l’avenir de nouvelles hausses des taux d’intérêt, d’abord aux États-Unis puis en Europe. Un optimisme à pondérer, selon Jacques de Panisse, gérant chez Optigestion, qui redoute que les banques centrales ne mettent tout en œuvre « pour éradiquer, coûte que coûte, l’inflation … en sous estimant les effets cumulés et à terme de telles décisions ». Mi-juin, la Réserve fédérale (Fed) a laissé ses taux inchangés, tout en prévenant effectivement que son cycle de resserrement monétaire n’était pas encore terminé. « La Fed en a déjà fait beaucoup et a suffisamment d’arguments pour marquer une pause, sans céder, pour autant, aux sirènes d’un assouplissement à venir. Elle devrait rester, a priori, très vigilante sur son action future, au risque d’apparaître plus ‘faucon’ qu’attendu», commente Véronique Riches-Flores, économiste indépendante. L’économiste s’interroge : « la Fed passera-t-elle à l’acte ? » L’experte s’attend « au maintien des incertitudes au cours des mois à venir sur les marchés, au gré des statistiques économiques qui tomberont ».

Résultat, la première quinzaine de juin a été marquée par une faible volatilité sur les Bourses, « qui reflète l’attentisme des investisseurs en l’absence de visibilité : l’incertitude est paralysante », explique Patrick Chotard de Lynceus Partners. A la fin du mois, l’annonce d’un fléchissement de l’indice PCE mesurant les prix liés aux dépenses de consommation des ménages américains, a ravivé l’espoir que la banque centrale américaine mette un terme à sa campagne de hausse des taux cette année, observe Véronique Riches-Flores.

Sur le Vieux-continent, la Banque Centrale Européenne (BCE) a une nouvelle fois relevé ses taux et s’est montrée déterminée à prolonger son cycle de resserrement monétaire afin de ramener l’inflation à son objectif de 2 % à moyen terme. « Les marchés ont surtout été rassurés par la conformation des perspectives économiques de la BCE qui ne prévoit pas de récession malgré la dégradation marquée de la conjoncture allemande », souligne Véronique Riches-Flores. Jacques de Panisse estime cependant qu’il conviendrait d’être plus mesuré que ne le sont les investisseurs actuellement : « le délai de 18 mois, qui permet à une hausse des taux directeurs de freiner l’économie, n’est pas encore écoulé », et par conséquent, « l’essentiel du ralentissement que va produire le relèvement notable des taux ne s’est toujours pas fait sentir ».

SES-imagotag attaqué, Air Liquide plébiscité

A la Bourse de Paris, l’offensive du fonds activiste américain Gotham City sur SES-imagotag, a mis les investisseurs en émoi. Le fabricant d’étiquettes électroniques a cependant rapidement éteint la controverse en réfutant point par point les critiques du vendeur à découvert, comme le souligne Melchior de Villeneuve, responsable du développement chez Lynceus Partners. Le titre du fabricant de gaz industriels Air Liquide a atteint le 16 juin un nouveau record, ce qui est loin d’être surprise pour Carmine de Franco, directeur de la recherche Ossiam, qui avait rappelé quelques jours plus tôt le rôle essentiel du secteur dans la transition énergétique.

Du côté des valeurs européennes, Guillermo Franquesa, conseiller principal en solutions d’investissement, a mis en avant les perspectives prometteuses du géant belge de la bière AB InBev. D’un point de vue sectoriel, Roni Michaly, président de Financière Galilée a rappelé ses trois thèmes préférés : le développement urbain, la cybersécurité, et le luxe & lifestyle. Par ailleurs, le dirigeant a souligné le potentiel de l’Intelligence artificielle et de la robotique.

Nominations et innovations dans l’industrie de la gestion d’actifs

Le mois de juin a été riche en nominations dans l’industrie de la finance. Lynceus Partners a notamment annoncé la nomination d’Hugo Delecour en tant qu’Investment Solutions Advisor à Genève. Optigestion a nommé Nicolas Domont à tête de sa nouvelle activité de Private Equity.
Au chapitre commercial, l’Edhec et CentraleSupélec ont lancé leur fonds d’investissement alumni à l’aide de la société de gestion Tygrow.
La Financière d’Orion a enrichi son offre en proposant dès aujourd’hui aux CGP qu’elle équipe un nouvel outil digital : Canopia. La Financière d’Orion vise, grâce à cet outil, 100 nouveaux conseillers par an connectés à la plateforme.
Du côté du private equity, Archinvest a lancé un multifonds de dette privée pour les investisseurs non professionnels accessible dès 100.000 euros. La société a l’ambition de collecter 45 millions d’euros et espère un rendement de 8 % à 10 % par an.

La pierre-papier affiche sa résilience

Retour sur terre aussi pour les SCPI après une année record. Selon l’observatoire du marché publié fin juin par la plateforme d’épargne en ligne Linxea, la collecte s’est repliée de 10 % au premier trimestre 2023, pour s’établir à 2,4 milliards d’euros. Pour autant, certaines SCPI, les plus innovantes comme Remake AM, tirent leur épingle du jeu. La SCPI de la société de gestion, Remake Live, a été l’une des rares à augmenter le prix de sa part. Une performance qui s’explique en partie par les investissements réalisés à l’étranger, explique Nicolas Kert, président de Remake AM. Le dirigeant a d’ailleurs annoncé sa troisième acquisition à Dublin, en Irlande.

Sur fond d’inflation, les gérants innovent

Nos clients s’expriment tous les jours dans la Presse. Régulièrement, nous synthétisons pour vous leurs prises de parole les plus importantes.
Dans cette édition,
Riches-Flores Research, Optigestion, Financière Galilée, La Financière d’Orion, Ossiam, l’IFFECI, TYLIA, TYGROW et Remake AM.

  • Le cycle inflation-hausse des taux-croissance inquiète les experts.
  • Les gérants créent des solutions d’investissementcontre l’inflation.
  •  SCPI : le marché change.

En mai, les actifs à risque ont vécu un mois volatil en raison des incertitudes persistantes concernant la politique monétaire et les craintes liées au dépassement du plafond de la dette aux États-Unis. La première semaine, les investisseurs ont bien digéré les hausses des taux de la Réserve fédérale (Fed) et de la Banque centrale européenne (BCE). « Notre scénario intégrait ces deux hausses des taux. A l’image du marché, nous ne sommes donc pas surpris », souligne Véronique Riches-Flores, économiste et présidente de Riches-Flores Research. L’ambiance s’est cependant progressivement refroidie en raison d’indicateurs économiques mitigés aux États-Unis et en Europe. « La préoccupation centrale des marchés financiers est désormais l’ampleur de la récession qui se profile. Sera-t-elle légère ou faut-il craindre une contraction importante et brutale, à l’image de la forte remontée des taux directeurs », commente Jacques de Panisse, gérant d’Optigestion.
En parallèle, le ralentissement de l’inflation aux États-Unis, tombée en avril à son plus bas niveau depuis avril 2021, a conforté les anticipations d’une pause dans le cycle de resserrement monétaire de la Fed. En zone euro en revanche, le haut niveau de l’inflation en avril a contraint sans surprise la BCE à maintenir son discours offensif. A cet égard, Véronique Riches Flores se montre dubitative : « La présidente de la BCE, Christine Lagarde, a voulu contenter certains des membres de la banque centrale partisans d’une stratégie toujours plus offensive pour lutter contre l’inflation. Pour autant, aux vues de la faiblesse de la croissance sur le Vieux Continent et notamment en Allemagne, la BCE devrait encore relever d’un quart de point ses taux en juin avant un arrêt », estime l’experte, qui pense que l’institution devrait arrêter de relever ses taux pour préserver la conjoncture.

La dette américaine sème le trouble

Les actions ont également souffert durant la deuxième partie du mois d’un regain d’inquiétude sur l’évolution des taux de la Fed après les divergences affichées par son comité de politique monétaire. « Les marchés attendent le signal d’une pause de la Fed », confirme l’économiste indépendante. Dans ce climat attentiste, les interrogations sur la dette américaine ont ravivé l’aversion pour le risque. « Le risque d’un défaut des États-Unis n’a rien d’anodin pour l’économie mondiale », rappelle Véronique Riches Flores.
A contrario, les marchés ont relégué au second plan les incertitudes géopolitiques comme les élections présidentielles en Turquie remportées par le Président sortant Recep Tayyip Erdogan. Un succès qui s’explique en partie, selon l’économiste, par le bilan économique « décent » du Président. Attention toutefois, des tensions géopolitiques, bien sûr en Ukraine mais aussi à Taiwan, « ne manqueront pas de provoquer de probables crises », avertit Jacques de Panisse.
D’un point de vue sectoriel enfin, les valeurs technologiques liées à l’Intelligence artificielle (IA), ont tiré leur épingle du jeu grâce aux très bons résultats du fabricant américain de puces graphiques Nvidia, confortant ainsi le bien-fondé de l’investissement thématique promu par Roni Michaly, PDG de Financière Galilée.

L’industrie de la gestion d’actifs s’organise contre l’inflation

Alors que l’inflation rogne la rentabilité des placements, Emmanuel Angelier, à la tête du cabinet La Financière d’Orion, met en lumière la rémunération attractive du Livret A qui pèse sur les autres placements. « Spontanément, les clients placent leur argent sur le livret A », souligne Emmanuel Angelier. Forte de ce constat, l’industrie de la gestion d’actifs réagit en mettant en avant les atouts de la gestion active à l’image de la Financière d’Orion évoquant les performances du fonds Europa One géré par Cholet Dupont et du fonds Edmond de Rothschild Fund Bond Allocation.  Mais aussi, les atouts de la gestion indicielle. Ainsi, Financière Galilée a complété sa gamme de Fonds Interne Dédiés (FID) en proposant une offre 100 % en ETF avantageuse en termes de coûts. « Avec des frais de gestion moindres et une transparence accrue, les ETF sont devenus une part intégrante de nos investissements financiers, depuis de nombreuses années », souligne Roni Michaly.
Ossiam, pour sa part, continue de s’appuyer sur son point fort : l’analyse quantitative. Une stratégie qui porte ses fruits. L’an dernier, les encours de la société de gestion ont bondi de 28,35 %, soit la plus forte évolution du secteur, selon le palmarès 2023 des « 50 sociétés de gestion » qui comptent établi par Option Finance et Funds Magazine. Dans un environnement de marche incertain, l’Institut français de finance et d’économie comportementales (Iffec) a jugé bon de souligner les principaux apports de la finance comportementale, mais aussi les mythes qui lui sont attachés. A cet égard prévient l’association, « comme toute science, la manipulation des résultats et conclusions doit s’effectuer avec discernement et une certaine prudence ».

Le Private Equity pour tous

Dans le Private Equity aussi, les professionnels s’adaptent à la conjoncture. Soucieux de démocratiser l’accès de ce marché aux particuliers, Nicolas Baboin, cofondateur et directeur général de TYLIA, se félicite que sa plateforme créée en 2015 accompagne Bpifrance dans la distribution digitale de son troisième fonds de Private Equity dédié aux particuliers. « Le retournement de cycle pousse le Private Equity à ouvrir de nouveaux canaux de collecte », commente Nicolas Baboin. Preuve de l’engouement croissance des investisseurs pour le private equity, CentraleSupelec a lancé en mai un fonds d’Alumni dont la gestion a été confiée à TYGROW.

Les nouveaux entrants bousculent le marché de la SCPI Du côté des Sociétés Civiles Placements Immobiliers (SCPI), la jeune société Remake AM continue de se distinguer. Après une belle année 2022, la SCPI Remake Live a collecté 76 millions d’euros sur le premier trimestre, portant sa capitalisation à 195 millions d’euros. La SCPI, qui a réalisé le mois dernier deux acquisitions majeures en Irlande, continue de profiter de l’absence de frais de souscription. Ainsi, Remake AM, crée en début d’année 2022, se propulse à la 11e position du top 15 de la collecte du premier trimestre 2023, selon l’Institut de l’épargne immobilière et foncière (IEIF). Selon son président, Nicolas Kert, l’essor de sa SCPI devrait se prolonger à l’avenir grâce à sa capacité à atténuer les effets de l’inflation pour les investisseurs.

RETOMBÉES PRESSE MAI 2023 

Les actifs à risque ont vécu un mois de mai volatil en raison des incertitudes persistantes concernant la politique monétaire et les craintes liées au dépassement du plafond de la dette aux Etats-Unis. Au cours de la première semaine du mois, les investisseurs ont bien digéré les hausse des taux de la Réserve fédérale (Fed) et de la Banque centrale européenne (BCE). « Notre scénario intégrait ces deux hausses des taux. A l’image du marché, nous ne sommes donc pas surpris », souligne Véronique Riches-Flores, économiste et présidente de Riches-Flores Research. « L’ambiance s’est cependant progressivement refroidie en raison d’indicateurs économiques mitigés aux Etats-Unis et en Europe. « La préoccupation centrale des marchés financiers est désormais l’ampleur de la récession qui se profile. Sera-t-elle légère ou faut-il craindre une contraction importante et brutale, à l’image de la forte remontée des taux directeurs », commente Jacques de Panisse, gérant d’Optigestion. En parallèle, le ralentissement de l’inflation aux Etats-Unis, tombé en avril à son plus bas niveau depuis avril 2021, a conforté les anticipations d’une pause dans le cycle de resserrement monétaire de la Fed. En zone euro en revanche, le haut niveau de l’inflation en avril a contraint sans surprise la BCE à maintenir son discours offensif. A cet égard, Véronique Riches Flores se montre dubitative : « La présidente de la BCE, Christine Lagarde, a voulu contenter certains des membres de la banque centrale partisans d’une stratégie toujours plus offensive pour lutter contre l’inflation. Pour autant, aux vues de la faiblesse de la croissance sur le Vieux Continent et notamment en Allemagne, la BCE devrait encore relever d’un quart de point ses taux en juin avant un arrêt », estime l’experte, qui pense que l’institution devrait arrêter de relever ses taux pour préserver la conjoncture.

La dette américaine sème le trouble

Les actions ont également souffert durant la deuxième partie du mois d’un regain d’inquiétude sur l’évolution des taux de la Fed après les divergences affichées par son comité de politique monétaire. « Les marchés attendent le signal d’une pause de la Fed », confirme l’économiste indépendante. Dans ce climat attentiste, les interrogations sur la dette américaine ont ravivé l’aversion pour le risque. « Le risque d’un défaut des Etats-Unis n’a rien d’anodin pour l’économie mondiale », rappelle Véronique Riches Flores. A contrario, les marchés ont relégué au second plan les incertitudes géopolitiques comme les élections présidentielles en Turquie remportées par le président sortant Recep Tayyip Erdogan. Un succès qui s’explique en partie, selon l’économiste, par le bilan économique « décent » du président. Attention toutefois, des tensions géopolitiques, bien sûr en Ukraine mais aussi à Taiwan, « ne manqueront pas de provoquer de probables crises », avertit Jacques de Panisse. D’un point de vue sectoriel enfin, les valeurs technologiques liées à l’Intelligence artificielle (IA) ont tiré leur épingle du jeu grâce aux très bons résultats du fabricant américain de puces graphiques Nvidia, confortant ainsi le bien-fondé de l’investissement thématique promu par Roni Michaly, PDG de Financière Galilée.

L’industrie de la gestion d’actifs s’organise contre l’inflation

Alors que l’inflation rogne la rentabilité des placements, Emmanuel Angelier, à la tête du cabinet La Financière d’Orion, met en lumière la rémunération attractive du Livret A qui pèse sur les autres placements. « Spontanément, les clients placent leur argent sur le livret A », souligne Emmanuel Angelier. Fort de contrat, l’industrie de la gestion d’actifs réagit en mettant en avant les atouts de la gestion active à l’image de la Financière d’Orion qui rappelle les performances du fonds Europa One géré par Cholet Dupont et du fonds Edmond de Rothschild Fund Bond Allocation. De son côté, Financière Galilée a complété sa gamme de Fonds Interne Dédiés (FID) en proposant une offre 100% en ETF avantageuse en termes de coûts. « Avec des frais de gestion moindres et une transparence accrue, les ETF sont devenus une part intégrante de nos investissements financiers, depuis de nombreuses années », souligne Rony Michaly. Ossiam, pour sa part, continue de s’appuyer sur son point fort : l’analyse quantitative. Une stratégie qui porte ses fruits. L’an dernier, les encours de la société de gestion ont bondi de 28,35%, soit la plus forte évolution du secteur, selon le palmares 2023 des « 50 sociétés de gestion » qui comptent établi par Option Finance et Funds Magazine. Dans un environnement de marche incertain, l’Institut français de finance et d’économie comportementales (Iffec) a jugé bon de souligner les principaux apports de la finance comportementale, mais aussi les mythes qui lui sont attachés. A cet égard prévient l’association, « comme toute science, la manipulation des résultats et conclusions doit s’effectuer avec discernement et une certaine prudence ».

Le private equity pour tous

Dans le private equity aussi, les professionnels s’adaptent à la conjoncture. Soucieux de démocratiser l’accès de ce marché aux particuliers, Nicolas Baboin, cofondateur et directeur général de Tylia, se félicite que sa plateforme créée en 2015 accompagne Bpifrance dans la distribution digitale de son troisième fonds de private equity dédié aux particuliers. « Le retournement de cycle pousse le private equity à ouvrir de nouveaux canaux de collecte », commente Nicolas Baboin. Preuve de l’engouement croissance des investisseurs pour le private equity, CentraleSupelec a lancé en mai un fonds d’alumni dont la gestion a été confiée à Tygrow.

Les nouveaux entrants bousculent le marche de la SCPI

Du côté des Sociétés civiles placements immobiliers (SCPI), la jeune société Remake AM continue de se distinguer. Après une belle année 2022, la SCPI Remake Live a collecté 76 millions d’euros sur le premier trimestre, portant sa capitalisation a 195 millions d’euros. La SCPI, qui a réalisé le mois dernier deux acquisitions majeures en Irlande, continue de profiter de l’absence de frais de souscription. Ainsi, Remake AM, crée en début d’année 2022, se propulse à la 11e position du top 15 de la collecte du premier trimestre 2023, selon l’Institut de l’épargne immobilière et foncière (IEIF). Selon son président, Nicolas Kert, l’essor de sa SCPI devrait se prolonger à l’avenir grâce à sa capacité à atténuer les effets de l’inflation pour les investisseurs.